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Seth Messenger : Citations de Marie-Aude Murail

Marie-Aude Murail a dit :

(Langue maternelle)
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Marie-Aude Murail
(Citations)
#42285
« - C'est pas si simple que ça. - C'est moi, Simple. - Eh bien, moi, je m'appelle Compliqué. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42286
« Pendant les 15 jours qui suivirent, les deux frères firent des efforts pour ne pas se heurter. Lorsque Siméon, lisant Nietzsche, voyait son frère relire son Spirou, il se permettait tout juste de lui demander affectueusement : - Tu n'avais pas bien compris la première fois ? A quoi Bart répondait, non moins affectueusement : - Je t'emmerde. " »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42287
« Vais-je avouer que j'ai pleuré en lisant les lettres de maman ? Que je pleure presque chaque matin en pensant à mon père ? Sonder les gouffres que les morts ont laissés en nous n'a rien de mortifère. Ce qu'il est au contraire, c'est de croire qu'on « fait son deuil ». Expression stupide. On ne fait pas son deuil, on regarde à côté. Et on a tort. « On ne se console pas de la mort de celui ou de celle qu'on aime parce que le temps passe, que la plaie se referme et que l'on finit par oublier. Bien au contraire : on s'en console lorsqu'on arrive à vivre une sorte de compagnonnage heureux avec son mort. Je crois qu'il y a là une étrange réalité, dont personne n'ose parler : non seulement nous vivons avec nos morts, mais cette relation intérieure que nous avons avec eux et une des choses les plus intenses et des plus belles qui nous soit échu de vivre ». Alexandre Lacroix. »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42288
« Bart s'assit dans le fauteuil et les deux frères se regardèrent. Un même sourire les unit ou la tendresse se mêlait à la moquerie. -Merci pour tout, dit Siméon -Merci pour le reste. Merci d'être entré dans ma vie sans crier gare. Merci d'en avoir changer le cours et de m'avoir changé. Mais tout cela ne s'avoue pas quand on est le frère aîné, Bart n'ajouta rien. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42289
« « Je suis dans ma vingt-troisième année. Mais je me sens plus âgée. Et pourtant, je n’ai presque rien vécu. Les années immobiles comptent peut-être doubles. » (p. 425) »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42290
« Papa est mort à l'hôpital … je ne me souviens plus du nom. Un grand hôpital parisien. Il a été accepté dans le service de gérontologie après un passage aux urgences. La nourriture été servie froide et restait sur la table si personne ne venait aider le malade à manger. Quand on circulait dans les couloirs, des appels à l'aide et des odeurs d'urine s'échappaient des chambres. Là tout n'était qu’angles et pointes, inconfort, puanteur et misère. Quand je n'en pouvais plus de voir mon père souffrir et de l'entendre geindre, j'allais prendre un café à la cafétéria. Je traînais, je mangeais un croque, j'espérais le trouver endormi en mon absence, terrassé par quelque drogue. Son dernier sourire fut pour un documentaire animalier, des petits oiseaux sur l'écran près du plafond. Je lui lus à voix haute la préface à un de ses ouvrages, rédigée par un philosophe. Je n'ai pas compris grand-chose mais il parut content, si ce mot avait encore un sens dans cet univers qui n'en n'avait plus. J'ai essayé de lui masser l'épaule, il n'y avait plus que de l’os. Mais quelque chose a pris vie dans son regard, un étonnement de nouveau-né qui sent la caresse d'une main. Il se rappelait peut-être ce qu'est un contact humain. Un jour, remontant de la cafétéria, je suis entrée dans la chambre sur la pointe des pieds. Il était la proie d'un sommeil douloureux. J'aurais pu attendre un peu, qu'il revienne à la conscience. Mais j'ai attrapé furtivement mon manteau, mon sac, évitant son champ visuel si jamais il s’éveillait, pensant à mon train vers Orléans, mes enfants, la chaleur de ma maison. Fuir. Je me suis dit que je reviendrais le lendemain, que je me comporterais mieux, que je resterais plus longtemps. Puis le lendemain matin, Elvire m'a téléphoné pour me dire qu'il venait de mourir. »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42291
« K.A. Nous sommes tous dans la boue, mais certains d'entre nous regardent les étoiles. Moi C'est de Mr Wilde ? K.A. Oui. Moi Pourquoi me dites-vous cela ? K.A. Parce que je pourrais descendre en Enfer avec vous, je verrais toujours le Ciel...Pardonnez-moi, je n'ai pas déjeuné. Je suis toujours romantique quand j'ai l'estomac vide. Le bonjour, Miss Tiddler. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42292
« Après avoir avalé un kilo de nouilles à eux deux, ils se retrouvèrent dans la minuscule chambre que la grand-tante avait mise à leur disposition. Kléber sortit son téléphone portable. Simple l'épiait toujours. - T'as un téphélone, toi, dit-il d'un ton d'envie. Pourquoi j'ai pas un téphélone ? - Parce que tu es trop petit, répondit distraitement Kléber. Alors, 01... 48... - 12, 3, B, 1000, 100. Kléber se passa la main sur le front. son frère l'avait encore embrouillé. De toute façon, à quoi bon appeler leur père ? Monsieur Maluri ne connaissait qu'une solution : l'institution. Il lui dirait de remettre Simple à Malicroix. - Coucou ! fit une voix malicieuse. Simple, assis en tailleur sur le lit, cachait quelque chose derrière lui. Il répéta "coucou" sur un ton prometteur. deux oreilles de tissus flasque et grisâtre dépassèrent de son dos. Il les agita. - Manquait plus que lui, marmonna Kléber. - C'est qui ? - Je ne sais pas. Il fallait faire durer le plaisir. - C'est avec "in" dedans, dit Simple. - C'est un lutin ? - Non ! - C'est un requin ? Simple s'étouffait de rire. - C'est monsieur Pinpin ? - Ouiiii ! hurla Simple en brandissant un vieux lapin en peluche dont les oreilles avaient la tremblote. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42293
« - Qu'est-ce qu'elle a ? Est-elle malade ? - Elle est folle. Elle récite du Shakespeare au milieu de tout un ramassis de bestioles ! J'ignore d'où elle tenait son information, mais je dus reconnaître que que c'était un assez bon résumé de ma vie. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42294
« - J'ai fini mon dessin ! annonça joyeusement Élodie. - Viens nous le montrer, l'invita Saint-Yves. Elle avait dessiné six bonshommes. - Tu nous expliques ? - Oui, alors, là c'est papa avec moi, dit-elle en désignant un grand et un petit bonhomme se donnant la main. Mylène, elle est partie faire du skate. - D'accord. - Là, c'est maman et sa copine. (..) - D'accord. - Et là, c'est Lucile, conclut la petite en désignant un bonhomme à longs cheveux jaunes. - Et alors moi, j'existe pas ? se récria Marion, réellement outrée. - Oups, fit la petite, qui courut avec sa feuille vers la table à dessiner. Elle revint bientôt, triomphante, ayant ajouté un carré avec des boutons. - C'est moi, ça ? s'étonna Marion. - C'est ton téléphone. Tu es derrière. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42295
« Il y a un temps pour toute chose sous le ciel. Un temps pour enfanter, et un temps pour mourir; Un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour gémir, et un temps pour danser. Un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter. un temps pour se taire, et un temps pour parler. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42296
« Elle [Marie-Aude Murail à l’âge de 12 ans] : De toutes mes forces je refuse the murder of soul ! L'assassinat d’une âme à cause de deux ou trois bambins. Le matériel ne me tuera pas. Frotter les cuivres, faire l’argenterie, vu ? Dans une famille chacun doit porter sa part de médiocrité quotidienne ou bien il y a une sacrifiée. L'éternelle sacrifiée. Mais moi, je ne serai pas celle-là. Pas par égoïsme mais par refus de la facilité, je ne serai pas celle-là. Moi [Marie-Aude Murail aujourd’hui] : Tu refuses d'être une femme comme « celle-là », j'ai refusé d'être une mère comme « celle-là ». Puis j'ai été une femme comme les autres, une mère comme toutes les mères. Est-ce que je le regrette ? C'est ça que tu veux savoir ? Je me suis parfois étonnée de ce que maman se satisfit d'une vie artistique par procuration, mais j'ai été blessée de ce que mon père, malgré ses quatre enfants, considérait sa vie comme ratée parce qu'il était un poète incompris. Qu'est-ce que j'en conclus ? Que pour moi le carton plein, la vie réussie, c'est Dickens et ses dix enfants ? Mais il s'agit là d'une figure masculine. Si tu regardes du côté des femmes écrivains, que vois-tu ? Jane Austen, pas d'enfant ; les sœurs Brontë, pas d'enfant ; Madame d'Aulnoy, une « Chatte blanche » et un « Oiseau bleu » ; Béatrix Potter, des lapins ; Marguerite Yourcenar, pas d'enfant ; Colette, une fille à 40 ans ; Alexandra David-Néel, un fils adoptif tibétain ; Simone de Beauvoir, une fille adoptée à l'âge adulte ; Anaïs Nin, pas d'enfant ; Virginia Woolf, pas d'enfant ; Hannah Arendt, pas d'enfant ; Selma Lagerlöf, pas d'enfant ; Karen Blixen, pas d'enfant … OK, la comtesse de Ségur, huit enfants, mais elle publia après les avoir élevés. Aurais-je écrit mieux si j'avais été une femme libre, sans enfant à surveiller au jardin, sans caddie à remplir à Carrefour ? J'aurais sans doute écrit davantage. Et sûrement autre chose. J'écrivais dans le brouhaha de la vie, mon cahier sur les genoux, des gamins prenant leur goûter ou faisant leurs devoirs à côté de moi, avec Goldorak en fond sonore. Je n'ai eu la chambre à soi qu'à 42 ans, et contrairement à la recommandation de Virginia, elle ne fermait pas à clé. Quand j'écrivais, j'avais un ange dans mon dos. »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42297
« " J'ai besoin des livres de jeunesse. Ils me donnent à profusion ce que les livres des grands cèdent si chichement : l'optimisme. " »
Marie-Aude Murail


#42298
« Il est plus facile de se dire sans valeur que de se battre pour prouver qu'on en a. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42299
« Comme dit Goethe : "On ne devient adulte que lorsqu'on a compris ses parents et qu'on leur a pardonné." »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42300
« - Pourquoi devez-vous faire semblant d'être heureuse ? - Mais pour Facebook ! S'écria-t-elle comme si elle s'adressait à un habitant de la Lune. - Pardon ? - Pour les photos sur Facebook ! Comme ça. (À travers ses larmes, elle fit un grand sourire en banane.) Autrement, tu imagines ce que disent tes amis ? »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42301
« Et elle éclata en sanglots trop gros pour sa poitrine. - Qu’est-ce que tu as fait ? Mais arrête de chialer ! Morgane hoquetait : « J’ai... j’ai... » et la suite ne venait pas. Bart eut envie de l’achever à coups de cartable. - J’ai eu un zé... zé... rooo ! - Nous voilà bien ! dit Bart, en faisant semblant d’être catastrophé. Déjà que tu es moche. Si en plus tu deviens con... Il s’assit sur le lit. - Mais arrête, ronchonna-t-il. Des zéros, j’ai eu que ça des zéros, moi ! Et tu vois ? Ça ne m’a pas empêché de devenir un beau grand garçon complètement nul ! »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42302
« - Ah ça pue, c’est dégueulasse, râla Bart sur un ton d’agonie. C’était l’odeur de l’hôpital, un shoot d’éther et de Javel à vous mettre le blues pour le reste de la journée. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42303
« - Mais pourquoi ce n'est pas toi qui es muette ? se lamenta papa Larbi. De mon temps, quand mon père parlait, personne ne le coupait. Il disait : "Entendre, c'est obéir." - Dans ce cas, je veux bien être sourde, dit Djemilah. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42304
« A deux doigts de la retraite, madame Dumayet n'était jamais en reste d'une innovation pédagogique. Cette fois-ci, l'idée lui avait été soufflée par une de ses jeunes amies, institutrice en maternelle. - On va faire un débat, dit-elle. - On sera filmés ? - Lève le doigt, Nour, avant de dire une bêtise. Madame Dumayet expliqua à ses élèves qu'ils allaient débattre autour d'un thème. Chacun pourrait prendre la parole à tour de rôle et serait écouté respectueusement. - On fera bien attention à laisser parler les plus petits. Madame Dumayet avait une classe à double niveau, composée de quinze CM1 et dix CP. Jeanne leva la main. - C'est quoi, le thème ? - J'allais vous le dire, fit la maîtresse qui, ne doutant de rien, ajouta : Aujourd'hui, on va se demander ce qu'est l'amour. Donc, vous prenez quelques instants de réflexion et quand vous pensez avoir quelque chose d'intéressant à parta... Déjà, Mathis, tu es sûr ? Le jeune garçon, main levée, se lança sans la moindre hésitation : - L'amour, c'est d'aimer quelqu'un, de faire un enfant et ensuite se séparer. (p. 34-35) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42305
« - Ce serait bien, dit-elle à Bart, si tu me ferais un cadeau. - Tiens ! Et pourquoi je t'en ferais un ? - Parce que tu m'aimes, fit la petite avec son sourire tendre et hardi. - C'est bien des raisonnements de fille, ça, répliqua Bart, dédaigneux. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42306
« Lazare et Paul déboulèrent dans la cuisine, tout excités. - On a trouvé un site sur les hamsters. Y a plein de conseils ! Lazare, qui avait imprimé la page d'accueil, se mit à lire : - « Le hamster peut être de mauvais poil au réveil. » - Eh bien, on sera deux, lui fit remarquer Sauveur. - « Si on l'a tiré du sommeil, poursuivit Lazare, on voit à son air qu'il n'a pas apprécié, il a encore les oreilles pliées vers l'arrière, posture des oreilles durant le sommeil, et il n'a pas du tout envie que vous le preniez dans les mains. C'est le moment idéal pour se faire mordre. Laissez donc quelques minutes à votre hamster pour se sortir la tête du ***. » Il y a trois petites étoiles. La tête du quoi ? - Du bonnet de nuit, répondit [son père] très sérieusement. Je sens que je vais adorer cet animal. (p. 89-90) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42307
« - Je ne peux pas faire couper la tête à tous ceux qui chantent cette chanson, mon bourreau serait débordé. - En effet, approuvèrent les ministres, soulagés. - J'ai donc trouvé une meilleure idée. J'ai décidé d'interdire la lettre V. [...]. Quiconque prononcera un mot contenant la lettre V paiera cinquante sous d'amende, et un franc si le mot contient deux V. [...]. Tous les ministres en restèrent bouche bée. - Mais, Votre Majesté...bredouilla le grand chambellan. - Cinquante sous, dit le grand-duc en tendant la main. - Mais...Ta Majesté, se reprit le grand chambellan, il sera très difficile d'interdire à tous tes sujets de prononcer la lettre...heu, la lettre, enfin, la lettre en question. Un ministre osa ajouter : - Et nous ne pourrons pas la supprimer de tous les li... bouquins. - Il le faudra pourtant, conclut Nikolaï, car telle est ma... »
Marie-Aude Murail (22 !)


#42308
« "La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas" Pessoa »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42309
« - C'est pas croyable, il [le hamster] passe sa vie à enfoncer le museau entre les barreaux, comme s'il voulait s'échapper, et quand je lui ouvre la porte, il va se cacher dans sa maison. - C'est ce qu'il se passe dans 90% des thérapies, commenta Sauveur. Je vous fais des hot-dogs ? »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42310
« Je faisais cette expérience étrange qu'une joie qu'on ne peut partager devient presque un chagrin. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42311
« Cette fois-ci, Simple fut associé aux préparatifs au point qu'il en vint à parler de l'anniversaire de Kléber comme du sien propre. - Je vais avoir quoi comme cadeau? demanda-t-il à son frère. - Qu'est-ce que tu voudrais? - Un téphélone, un tévéliseur et un ordonateur. - C'est un peu cher, tout ça. Une montre, ça t'irait? - Ouiiiii! - Je t'achète le marteau qui va avec? Simple comprit la blague et éclata de rire. - Y a pas de beaud'homme, dit-il. Il avait beaucoup mûri. - Je trouve qu'il est de moins en moins question de monsieur Pinpin, remarqua Corentin. - Simple en a moins besoin, dit Kléber. Il a des amis, maintenant. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42312
« Chapitre 13 qui n'existe pas pour ne pas porter la poisse aux Morlevent. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42313
« - Eh papa, c'est jaune et ça traverse le mur ? lui lança Lazare, plein d'entrain à 8h10 (grâce à la mélatonine des enfants). - Mff, fit Sauveur en s'affaissant sur sa chaise de cuisine. - C'est la banane magique ! Et tu sais ce qui est rouge et qui s'écrase sur le mur ? Hein ? Tu sais pas ? … C'est une tomate qui s'est prise pour la banane magique ! - Mffdrôle, réussit à articuler Saint-Yves. Gabin voulut s'immiscer entre père et fils et sans réfléchir (ce qui était chez lui une constante) il lança : - Qu'est ce qui est bleu avec des cheveux blonds et qui crache des copeaux de bois ? Sauveur et Lazare se regardèrent, intrigués. - C'est la schtroumpfette qui taille une pipe à Pinocchio ! »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42314
« - Vous ne croyez pas que vous feriez mieux de vous chercher du travail ? lui suggéra Aimée, [...] - Le problème, quand on cherche, c’est qu’on risque de trouver, remarqua Barthélémy. - Vous ne voulez vraiment rien faire dans la vie ? s’inquiéta la voisine. - Pas vraiment rien, concéda Bart. Juste pas grand-chose. Testeur de jeux vidéo, par exemple. Il réfléchit et ajouta prudemment : - À mi-temps. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42315
« (en 2054) Cette année, j'ai l'infomaîtresse que ma soeur a eue. Il paraît qu'elle est cool. Elle s'appelle madame Poincom, elle a 82 ans, c'est sa dernière année avant la retraite. »
Marie-Aude Murail (Zapland)


#42316
« Laurence se dit qu'elle avait peut-être de la chance de n'avoir ni enfants, ni frères, ni sœurs. Au moins, une plaque de chocolat, on en voit clairement le début et la fin ; tandis que les histoires de famille... »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42317
« Les yeux de Gabin s'emplirent de larmes - lentement, parce que tout lui prenait du temps. - A quoi ça sert ? marmonna-t-il. - Quoi sert à quoi ? - Mais tout. Le lycée. Les maths. Les études. Sauveur chassa la pensée inopportune de Charlotte, bac+5, sans emploi. - Ça sert à trouver sa place dans la société. Tu n'as aucun projet d'avenir ? Aucune idée de ce que tu voudrais faire ? - Elfe de la nuit. - C'est ça, ton ambition : passer ta vie à comater devant un écran ? Sauveur s'en voulait d'être aussi moralisateur en face de Gabin. Il savait bien que c'était inefficace avec un adolescent. (p. 206-207) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42318
« - Ton père, ça va ? - Ça va. [...] - Et les filles ? - Statu quo. Samuel était une rareté : un garçon avec du vocabulaire. - Tu es sur qui en ce moment ? s'informa innocemment Sauveur. - Si j'étais sur elle, j'aurais pas besoin de t'en parler. - Dès qu'il est question de sexualité, toutes les expressions sont à double sens. - Le croque-madame, c'est pour qui ? fit une voix au-dessus d'eux. - Pour moi, répondit Sauveur en levant le doigt. - Tu m'étonnes, marmonna Samuel. (p. 72) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42319
« - Il m'a demandé si je voulais garder son petit et, comme j'ai rien contre les Noirs, j'ai dit oui, ajouta Nicole, pensant édifier Louise avec ses bons sentiments. Je sais pas si c'est dans votre goût, les mélanges de race, mais je trouve que le petit Lazare est pas vilain de figure. Quand ils ne sont pas TROP noirs, ça va. Louise écoutait, tétanisée par cet étalage de racisme et de bonne conscience. - Ce qui est dommage, c'est ce nom, poursuivit la nounou. - Ce nom ? - Mais "Lazare" ! Faut dire aussi que le père s'appelle Sauveur. Mon mari, il avait connu un nègre qui s'appelait Fêtnat parce qu'il était né le jour de la fête nationale ! Enfin, ça me gêne pas, moi. Ils font ce qu'ils veulent. Du moment qu'ils restent chez eux. Mais là, à Orléans, il y en a trop. On n'est plus chez nous. Je dis pas ça pour le docteur Sauveur, il paye ce qu'il doit, il est propre, y a pas de souci. Des Noirs, y en a des biens. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42320
« L'imagination, c'est quelque chose de magique et ça exprime des choses de nous très profondes. [...] On vit tous avec un double, qui est en nous dans un autre monde. C'est pour ça qu'on lit, qu'on va au cinéma, qu'on joue aux jeux vidéo, qu'on s'identifie à des personnages, qu'on part sur Internet dans des univers virtuels. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42321
« Si le monde n'a absolument aucun sens, (...) qui nous empêche d'en inventer un ? [Lewis Carroll] »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42322
« Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens. Proverbe africain »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42323
« - Je suis pédé. C'est de naissance. Qui est-ce que je dérange ? - Moi, dit Siméon. Tu ne vois pas que je révise ? »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42324
« A quoi reconnaît-on l'amour ? A l'élasticité du sol sous vos pieds, au pétillement de l'air que vous respirez... »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42325
« - Tu... tu veux entrer prendre une tasse de thé ? bredouilla t-elle, désarmée. - Je n'aime pas le thé. - Ce n'est pas grave, je n'en ai pas. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42326
« - Je soupçonne le sucre de jouer un rôle dans son état. [...] Une surconsommation de sucre fait trop travailler le pancréas. Il libère de l'insuline en grande quantité, ce qui entraîne une hypoglycémie. La personne a alors un coup de pompe, qu'elle compense en prenant du sucre. Et c'est reparti pour un tour ! Au total, on obtient quelqu'un comme Blandine, qui est tantôt agitée, tantôt fatiguée, et qui n'arrive pas à se concentrer. Ça ressemble à de l'hyperactivité, mais ce n'est pas de l'hyperactivité. C'est un désordre alimentaire, qui est de plus en plus répandu. (p. 146-147) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42327
« Kléber se retourna : - C'est quoi cette histoire de couteau? ... - C'est un couteau pour de faux. - Montre-le. - Gnémongnigni. - Quoi? ... - C'est mon zizi. Kléber resta quelques secondes abasourdi. - Mais t'es con. - Oh, oh, vilain mot. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42328
« L'alexandrin c'est quatorze pieds, les douze du vers et les deux sur lesquels tu te tiens. »
Marie-Aude Murail (3000 façons de dire je t'aime)


#42329
« Cécile [veuve avant 30 ans] ne se remaria jamais. Quand, sur le tard, on lui suggéra d'y songer, elle eut cette réponse : « Epouser un vieux ? Mon mari est jeune. » »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42330
« - Quand je serai grand, dit Lazare avec beaucoup d'assurance, je serai psychologue. - C'est une excellente idée. Mais tu n'oublieras pas... - Quoi ? - Même si tu es très malin, ce que tu es sûrement, tu n'es pas tout-puissant. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42331
« La porte se rabattit avec brusquerie et un grand Noir menaçant fit irruption. Sauveur, l'esprit préoccupé, avait oublié d'ouvrir doucement pour laisser le temps à sa nouvelle patiente de s'habituer à lui. Madame Naciri étreignit son gros sac et lança en arabe à son fils : « Appelle la police ! » - Mais c'est le docteur, maman... - Madame Naciri ? Excusez-moi, je vous ai fait sursauter. Sauveur se fendit d'un large sourire, mais se vit dans les yeux paniqués de Madame Naciri en délinquant potentiel. - Mais c'est bon, maman, insista le garçon, c'est le docteur pour tes insomnies. Il va te soigner... - Vous avez des problèmes de sommeil ? embraya Sauveur, tout en essayant de tasser sa haute taille devant sa patiente, qui ne semblait pas disposée à quitter son fauteuil [en salle d'attente]. - Les midicalmants, ça marche pas, le docteur Guiri il m'a dit va voir le psy. Mais il m'a pas dit un Noir comme toi. - Ma mère n'est pas raciste, intervint son fils, c'est juste qu'elle a des idées un peu... comme ça... sur les Noirs... Sauveur ne lui fit pas remarquer que « des idées un peu comme ça sur les Noirs » était une assez bonne définition du racisme. (p. 61-62) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42332
« Sentant qu'il était au centre de la conversation, Bounty [le hamster] se mit à faire le guignol. Il grimpa aux barreaux de sa cage, se déplaça latéralement avec beaucoup d'agilité puis, incapable comme tous les hamsters de descendre par où il était grimpé, il se laissa tomber lourdement. Il resta quelques instants immobiles, un peu sonné par sa réception au sol, puis repartit à l'assaut du grillage comme si l'expérience précédente ne lui avait rien appris. - Il est vraiment con ou il fait ça pour se rendre intéressant ? s'interrogea Gabin. - C'est la question que je me pose assez souvent à propos de mes patients, lui répondit Saint-Yves. Il y a toujours un risque à demander aux gens ce qu'ils pensent de vous. Alors on préfère se faire les questions et les réponses dans la tête. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42333
« Tous les enfants ne sont pas sur le même modèle (...). Les intelligences sont diverses, sociale, manuelle, artistique. Votre femme a raison de penser que l'école ne sait pas comment accueillir ces enfants qui sont intelligents autrement... »
Marie-Aude Murail (Maïté coiffure)


#42334
« Dingley Bell ne se montra pas sous son meilleur jour lorsque nous y revînmes en propriétaires. Il pleuvait depuis le matin et la maison sentait le renfermé. Mais Ned nous attendait et Néfertiti piaffait dans l'écurie. La pluie cessa peu avant le coucher du soleil et le ciel prit d'adorables teintes rosées. Mon bonheur fut si grand, ce soir-là, que je ne pus tenir en place dans ma chambre. Je chaussai mes bottines, jetai un châle sur mes épaules et descendais au jardin. La terre en était toute détrempée, mais l'air était doux et parfumé. J'avançai jusqu'au muret de pierres sans entendre d'autre bruit que celui des mes pas s'arrachant à la gadoue. Je levai les yeux au ciel. La nuit était magnifique, traversée par la Voie lactée. J'étais dans la boue, je regardais les étoiles, et vous vous y trouviez, Kenneth Ashley. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42335
« - L'autre Morlevent, c'est un vrai. C'est notre demi-frère. Il travaille dans un magasin d'antiquités. Le mot "vendeur" répugnait à Siméon. Vendeur, c'était la même chose que con. Mais il avait gardé le meilleur pour la fin. - Il s'appelle Barthélemy - Wah ! firent les deux sœurs - C'est comme le Roi mage s'extasia Venise. Morgane et Siméon se regardèrent en souriant. Tous les deux savaient que la petite sœur confondait avec Balthazar. Mais l'idée d'un grand frère qui arriverait à dos de chameau n'était pas pour déplaire. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42336
« Il est plus facile d'être cruel que d'être drôle. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42337
« Pour lui, une ado qui faisait la gueule à un repas de famille n'était pas un problème, mais un principe de base. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42338
« - C'est le choc. Le médecin ne put rien trouver d'autre pour expliquer les hallucinations qui s'emparèrent de Simple trois jours durant. Les colocs se relayèrent pour veiller sur lui, et un matin ce fut le tour de Corentin. Il jeta un coup d'oeil à Simple qui semblait dormir puis s'assit dans le fauteuil. - C'est où qu'il est, monsieur Pinpin ? Corentin bondit de son siège, comme s'il venait de s'y piquer. Simple s'était redressé, plus hirsute que jamais, le bleu de ses yeux enflammant la paille de ses cheveux. - Comment tu vas mon vieux ? Tu me reconnais, Corentin ? - Où qu'il est, monsieur Pinpin ? Corentin attrapa sur l'étagère la peluche toute décatie. Simple la prit et la posa devant lui. Une étrange tristesse se lisait sur son visa. Pourquoi les gens ils sont méchants avec Monsieur Pinpin ? Simple avait le don de bouleverser Corentin. Il commença par détourner la tête pour s'essuyer les yeux. C'est pas... pas vraiment qu'ils sont méchants. Mais les gens ne comprennent pas bien monsieur Pinpin. Il est... il est trop différent d'eux. Avec ses grandes oreilles et... euh... ses moustaches. Enfin, tu vois c'est un lapin... - Un lapin qui parle, l'aida Simple. - Oui c'est ça. Les gens, ça les étonne, ça leur fait un peu peur. Simple soupira : - C'est compliqué. - Eh bien, reste Simple. Les gens on s'en fout. - Oh, oh vilain mot. Corentin courut prévenir Enzo au salon : - Il est guéri ! »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42339
« - (...) Et qu'est-ce qu'elle fait de sa vie, elle, à part attendre que son mari rentre le soir ? - Comme toi, observa monsieur Feyrières. - Oui, eh bien, maintenant que les enfants sont grands, je vais chercher du travail. Elle venait de le décider à l'instant. Mais on aurait pu croire qu'elle y pensait depuis plusieurs mois. - Toi ? Mais tu ne sais rien faire, remarqua son mari. Ce n'était même pas dit méchamment. »
Marie-Aude Murail (Maïté coiffure)


#42340
« Un autre cheminement se fait sur ces deux années, celui de ma foi. Le pèlerinage à Lourdes m'avait fait renouer avec le mysticisme de mon enfance et mon journal en garde la trace sous la forme de prières répétées. « Mon Dieu, donne-moi Ta volonté car je n'ai plus la force d'agir. Je ne comprends pas ce que je vis, ce que je suis. » Et plus loin : « Sans cesse je Te parle, j'écris Ton nom sur les feuilles de mes cahiers, je dis Ton nom dans toutes les langues. C'est un bonheur que de T'appeler, Toi, Toi qui ne réponds pas ». De fait, Dieu ne me répondit jamais, ce qui était préférable pour ma santé mentale, mais j'y laissai ma foi. « Croire. C'est un mot qui ne veut plus rien dire pour moi. J'ai peur parfois que ce néant qui a remplacé ma confiance d'autrefois, les fiançailles avec Celui qui me relance de temps à autre, nostalgie d'un dimanche, solitude du midi, puis que j'oublie parce qu'Il n'est plus de ma vie, Lui qui m’était un ami, un confident, un complice presque. Je ne peux plus croire en Lui parce qu'il n'est pas possible qu'Il existe ». Les dernières lignes de mon journal laissent à penser que je me suis rangée à l’avis de Jules Renard quand il note dans le sien : « J'ignore si Dieu existe, mais il vaudrait mieux, pour son honneur, qu'il n'existât point. ». Pourquoi a-t-il inventé ce mal horrible qui ronge les enfants, les vieillards, qui détruit les familles ? Ce mal que je peux à peine nommer, qui me révulse comme s'il m'avait déjà touchée car je sais qu'il m'attend. Il faut que je l'écrive. Cancer, voilà. Étrangement, je m’y sens destinée. »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42341
« - Ça fait stylé de répondre en anglais au téléphone, remarqua Samuel. Je devrais peut-être essayer ça pour les impressionner. - Impressionner qui ? - Mais les filles, putain ! Les filles, les filles, les filles ! - Cela paraît tenir une grande place dans ta vie. - Parce qu'il y a autre chose ? Sauveur aurait pu répondre qu'avant d'impressionner les filles, ce serait judicieux de ne pas tout faire pour les dégoûter. (p. 100) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42342
« Les premiers jours de la prépa, Chloé se demanda dans quelle sorte de bagne pour enfants ses parents l'avaient débarquée. »
Marie-Aude Murail (3000 façons de dire je t'aime)


#42343
« Avais-je donc vécu dix-sept ans au milieu de rats, de lapins et de volatiles pour devoir supporter les singeries humaines le jour de mon anniversaire ? »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42344
« Monsieur Morlevent, le prévint la juge assez solennellement, vous êtes en présence de votre demi-frère et de vos demi-soeurs, Siméon, Morgane et Venise Morlevent. - De mon... de mes..., suffoqua Barthélémy. Venise s'était enfin plantée devant lui, son dessin à la main. - Je t'ai fait une maison, lui expliqua-t-elle. C'est celle où on va habiter avec toi. Là, c'est mon lit en hauteur et, là, c'est le congélateur. Barthélémy se baissa pour mieux entendre les commentaires de la petite. A chaque nouvelle précision, il faisait "oh, boy !" l'air effaré. - Je t'ai dessiné trois coeurs avec ton nom parce que je t'aime un peu, beaucoup, à la folie. Ils se regardèrent, presque nez à nez, et Venise posa la question fondamentale, celle qui permet d'opérer un premier tri entre les méchants et les gentils. - Tu aimes les bisous ? »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42345
« [ mère séparée, à son fils de 10 ans en garde alternée ] - Ça allait avec ton père cette semaine ? - Il est con. - Ça ne se dit pas ! - Mais c'est vrai ! Demande à Alice. C'est bien ce que fit Louise dès qu'Alice fut revenue du collège. Comment s'était passée la semaine ? Nickel. Si on se marie que pour divorcer, c'est pas la peine, et si on fait des enfants pour qu'ils soient aussi chiants qu'elle et ses frères, c'est pas la peine non plus. - Au moins, tu es lucide, commenta Louise [la mère]. - N'est-ce pas ? répliqua Alice [l'ado de 14 ans], le ton claquant. Louise fut prise de découragement. Ses enfants avaient l'air tellement blasés. Croiraient-ils en une nouvelle vie de famille ? (p. 145-146) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42346
« Depuis la veille, ils étaient des enfants-qui-n'ont-pas-de-parents. Venise l'admettait parfaitement. Les gens n'avaient pas de raison de lui mentir. En même temps, ça n'avait aucun sens. Maman était peut-être morte, mais elle devrait la conduire à la danse, lundi, parce que la dame du cours de danse, elle n'aime pas qu'on manque. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42347
« Ce moment de théâtre, sang et or, surgissant de nulle part, se planta en nous trois comme un éclat d'obus dans la tête d'un poilu ! Mais nous n'en avons rien su à l'époque parce que nous ne nous parlions pas. »
Marie-Aude Murail (3000 façons de dire je t'aime)


#42348
« Je vous aime depuis…depuis une éternité de temps. J’ai essayé de vous le dire ving fois. Oh, je sais ! Nous ne sommes pas du même monde. Je n’ai reçu qu’une éducation bâclée et, à part des dettes, je n’ai rien à mon actif. Vous vous avez reçu une éducation raffinée au milieu des crapauds et des souris. Parce que, en plus, vous êtes folle ! Voillà, j’aime une fille complètement folle. Vous me terrifiez Miss Tiddler. Vous êtes terrifiante ! Moi « Un homme se décrit toujours inconsciemment quand il décrit quelqu’un d’autre » »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42349
« - C'est Dent-de-lapin, répondit Morgane. Il dit que Maman est morte parce qu'elle a... qu'elle a... bubu... bubu Elle se mit à sangloter, momentanément incapable de terminer sa phrase. Siméon se tourna vers sa petite sœur qui chuchota comme un secret honteux: - Parce qu'elle a bu du Canard Vécé. Siméon prit de nouveau le temps de sourire. C'était un truc qu'il avait pour préparer ses réponses lorsqu'il était un peu pris de court. - N'importe quoi, dit-il avec autorité. On n'a jamais eu de Canard Vécé à la maison. - Ah bon, soupira Venise, pleinement réconfortée. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42350
« Elle avait cinq heures pour mettre sa maison au cordeau, finir le repassage, traquer les miettes dans la salle à manger, ranger le capharnaüm dans les chambres d'Alice et de Paul, faire les courses et préparer le repas, tout en sachant d'avance qu'elle oublierait un détail qui permettrait à sa mère de lui dire sur un ton de désolation : - Louise, comment peux-tu vivre sans nettoyer tes brosses à cheveux ? »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42351
« Moussia [grand-mère] m'a questionnée : « Est-ce que tu pries pour moi, ma Nénette ? » J'ai dit oui et elle m'a fait choisir un biscuit. Ma petite soeur s'est empressée de dire qu'elle priait aussi. Je me revois dans la rue avec maman quelque temps plus tard, et maman me disant : « Il faut que tu pries le bon Jésus pour qu'il rappelle Moussia au Ciel. Elle souffre trop. » Je ne savais plus ce que je devais faire, prier pour qu'elle meure ou prier pour qu'elle vive. C'était une grosse responsabilité. (p. 128-129) »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42352
« Chemin faisant, une courte scène, qui se déroulait sur le parking, arrêta l'attention de Sauveur. Une très jeune femme avec une poussette venait de se pencher pour ramasser un nounours que son bébé avait jeté par-dessus bord. Elle se redressa et se mit à engueuler le petit, qui n'avait pas plus d'un an et qui la regarda avec de grands yeux bleus stupéfaits. - Mais t'as fini de faire chier ? Ca fait deux fois que je te le ramasse ! C'est Dégueulasse par terre, en plus ! Sauveur ne pouvait laisser passer une telle attitude anti-éducative. - Excusez-moi, madame. La jeune maman venait de reprendre place derrière la poussette. Elle tourna vers Sauveur un visage renfrogné. L'expression "bas de plafond" semblait avoir été créée pour elle. - Je vous ai vue parler à votre enfant. Il est trop petit pour comprendre le sens de vos paroles, mais il sent que vous êtes en colère. Comme il ne comprend pas pourquoi vous êtes en colère, il croit que vous n'êtes pas contente qu'il existe, et c'est dommage parce que c'est un beau bébé et qu'il vous fait honneur. La jeune femme l'avait écouté, stupéfaite. Puis son naturel reprit le dessus. - Et pourquoi il fait chier à jeter son doudou par terre ? - Il ne sait pas que c'est chiant pour vous, madame. Il fait juste une expérience sur la chute des corps. Vous avez peut-être un futur savant dans votre poussette. La jeune maman jeta un regard suspicieux sur son Einstein en grenouillère, siffla entre ses dents : "un sssavant", puis, donnant une bonne secousse à la poussette, s'éloigna vers l'entrée de l'hôpital. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 3)


#42353
« - J'ai découpé cet article dans 'Marie-Claire', regarde : il n'y a que 17% des parents qui contrôlent ce que font leurs enfants sur Internet, et l'âge moyen d'accès à Internet tout seul, c'est 8 ans ! D'après les statistiques, les filles ont vu leur premier film porno à 13 ans, et les garçons à 11. - Mon Dieu, les pauvres enfants... (p. 211) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42354
« On ne sauve pas les gens d'eux- mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s'il le veut, s'il le peut. Tu peux aider les autres, Lazare, mais tu n'es pas tout-puissant. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42355
« À la sortie des classes, Lazare tomba sur la maman de Paul, qui lui demanda des nouvelles de son hamster. - Il a pas le moral, répondit Lazare, soucieux. Mais on va lui acheter une roue mercredi à Jardiland. Papa dit que pour Bounty, faire tourner sa roue, ça donne un sens à sa vie. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42356
« Quand elle s'assit dans la cuisine ce samedi matin pour prendre toute seule son petit-déjeuner, Louise se demanda pourquoi elle se sentait tellement triste. C'est parce que le samedi est la veille de dimanche, se répondit-elle. Le dimanche soir, son ex-mari venait lui prendre ses enfants. Tout le monde faisait comme si la résidence alternée était une chose naturelle, mais c'était pour elle d'une violence inouïe à chaque fois. Elle n'avait pas mis au monde Alice et Paul pour qu'on les lui enlève une semaine sur deux. Aucune loi humaine n'aurait dû le permettre ! »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42357
« - Je peux vous montrer quelque chose ? dit-elle. Mais vous n'en parlez à personne... Elle lui tendit son iPhone. - Jolie photo. - Regardez les SMS, fit-elle en rougissant de honte. Il y en avait désormais 523. Sauveur en lut quelques uns. C'était répétitif. « Gouine, travelo, pédée. Tu veux coucher avec moi et mon copain ? Ou ta mis tes seins ? » Il [lui] rendit son iPhone [...]. Une bombe entre les mains des enfants, songea Sauveur, voilà ce qu'était cet objet. N'importe où, n'importe quand, tu pouvais voler l'image d'un autre et la diffuser, répandre une rumeur, détruire une réputation. (p. 101) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 3)


#42358
« La famille recomposée : mode de vie d'un enfant sur dix en 2015. La probabilité de divorcer : 10% en 1965, près de 50% en 2015. L'homme a 23% de chances de plus qu'une femme de se remettre en couple après une séparation. Un homme qui a des enfants a même plus de chances de retrouver une compagne. Il inspire confiance et respect ou il attendrit en papa poule. Bref, il en devient attractif ! Pour les femmes, c'est tout le contraire. (p. 270) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 3)


#42359
« - Alors, c'est là que vous soignez les fous ? fit Jovo en inspectant le cabinet de consultation. J'ai jamais trop compris : vous êtes un genre de toubib ? - Je ne suis pas médecin. J'écoute les gens. Ils me racontent leurs problèmes, leurs souffrances... Asseyez-vous. Jovo s'installa dans le canapé et Sauveur, tout naturellement, prit son fauteuil de thérapeute. - Vous êtes un genre de curé ? Sauveur fit la moue. Non, pas vraiment ça non plus. - Moi, c'est ce qui me faudrait, reprit Jovo. - Un curé ? - J'en ai sur la conscience, comme qui dirait. Et à supposer qu'Il existe, l'Autre, là... - L'autre ? - Dieu. Diable. S'Il existe, 'fant de putain, je suis mal parti. (p. 126) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 3)


#42360
« " Comment vas-tu ? - Comme un lundi..." Le lundi, le jour de la semaine où l'on se suicide le plus. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42361
« - Je me croyais très fort parce que je venais de terminer mes études de psychologie, parce que j'étais amoureux, parce que je m'appelle Sauveur ! J'ai cru que j'allais la sauver. - Et tu n'as pas réussi ? [...] - Non. Parce qu'on ne sauve pas les gens d'eux-mêmes [...]. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s'il le veut, s'il le peut. Tu peux aider les autres [...]. Mais tu n'es pas tout-puissant. JE n'étais pas tout-puissant. C'était ce qu'il avait appris à l'aube de sa vie professionnelle, et de la façon la plus cruelle. (p. 311-312) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42362
« Les 3 graçons se rendirent a la piscine. Kleber ne put convaincre son frere de troquer sa bouée dauphin contre une ceinture en liege. Simple avait un argument imparable! LES BOUCHONS NE SAVENT PAS NAGER, LES DAUPHINS, SI ! »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42363
« Je fus amenée à un âge précoce, puisque je n'avais pas quinze ans, à m'intéresser aux formes diverses de pourriture. Un hasard me fit oublier un morceau de pain destiné à Peter sur le rebord d'une fenêtre. Quelques jours plus tard, je pus régaler mes yeux du spectacle d'une belle moisissure de tiges blanches terminées par de petites boules noires qui sont les spores. Les moisissures ne m'éloignaient pas de mon intérêt premier pour la mycologie, puisqu'elles sont aussi des champignons. Je fis ensuite diverses expériences telles que de jeter des mouches mortes dans un bocal d'eau fermé. Au bout de quelques jours, les mouches se couvrirent d'une légère pellicule blanche - que je pus étudier au microscope. Je m'amusai aussi à enfermer dans un bocal des fruits abîmés et à les placer dans des endroits différents : dans un placard au chaud, sur une étagère bien fraîche dans la cave, derrière une fenêtre exposée au soleil, ce qui me permis de déterminer les meilleures conditions pour le développement des moisissures. Mon carnet scientifique prospérait et Herr Schmal m'applaudissait, allant jusqu'à affirmer que les jeunes filles devraient faire des sciences plutôt que de la broderie. J'osai un jour lui faire part de mon projet de réunir dans une même étude tous les champignons susceptibles de pousser dans un jardin londonien. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42364
« Est-ce que les secrets qui vous entourent de leurs nuées vous empêchent de vivre, de grandir, d'aimer ? C'était la question qu'il se posait à propos de chacun de ses patients, Ella, Margaux, Blandine, Cyrille, Lucile, Marion, Élodie, Gabin. Ont-ils, avons-nous, besoin de tout savoir ? »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42365
« - Je suis cassé, en fait. - Cassé, répéta l'écho. [le psy] - Je sais, [le docteur] Dubois-Machin, il dit que c'est de la dépression. Mais je me sens pas déprimé. J'ai juste pas envie de ce qui est dehors. Dehors, c'est comme un film d'horreur. J'essaie de pas y penser. C'est ça, ma vie. Il faut pas penser. - Comment on fait pour 'pas penser' ? questionna Sauveur, comme quelqu'un qui douterait que la chose soit possible. - C'est pas compliqué. Tu te fais un thé, tu te mets sur ta station, tu arrives dans un match qui est commencé. On s'entre-tue, il y a deux équipes. C'est le genre de truc qu'il faut connaître à fond pour savoir où frapper, et tout ça. Tu as un flingue, tu tires, c'est en caméra subjective. C'est très réaliste. Ça vide la tête. Après, t'attends d'être bien fatigué pour te coucher. Mais genre, tu tombes de sommeil. (p. 14) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42366
« Que pouvait-elle proposer à Alice en attendant l'heure de la déposer chez Selma ? Elle eut recours à la dernière cartouche du parent qui ne sait plus quoi faire du gamin. Mc Donald. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42367
« Emmanuel déclara que le cas de Simple relevait de l'hospitalisation en psychiatrie. Kléber explosa : - On l'a déjà mis dans une institution spécialisée, figure-toi. Mon père s'en est débarrassé pour se remarier. Simple était déficient mental, mais à Malicroix ils l'ont rendu fou. Il ne réagissait plus à rien. Alors, je l'ai retiré de là. J'ai dit à mon père que je me chargerai de Simple. Jamais je ne le remettrai à Malicroix, jamais. Si vous ne voulez plus de lui, vous ne voulez plus de moi. Eh bien, tant pis. Continuez votre petite vie d'étudiants entretenus par papa-maman. Et soyez heureux. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42368
« " Quand je serai grande, je serai écrivain" et papa m'a répondu : " Tu ne pourras pas faire les deux à la fois." Il paraît que c'était une plaisanterie... »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42369
« Facebook ne m'a pas améliorée. Les réseaux sociaux, c'est vraiment les égouts de l'humanité. »
Marie-Aude Murail


#42370
« - J'aime bien cette phrase de Malraux, dit-il [à Louise] : « Pour l'essentiel, l'homme est ce qu'il cache : un misérable petit tas de secrets. » Mais si je l'affichais dans mon cabinet, je crois que ça vexerait les gens. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, Saison 5)


#42371
« "Le bonheur, c'est d'être heureux. Ce n'est pas de faire croire aux autres qu'on l'est." Jules Renard »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42372
« Dans l'environnement qui était le mien, écrire ne relevait pas d'une décision. La question n'est pas : pourquoi avez-vous voulu écrire ? Mais : pourquoi avez-vous voulu être publiée ? Car c'est vraiment là qu'il faut vouloir, et parfois vouloir avec opiniâtreté. (p. 271) »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42373
« Quand maman n'avait plus d'eau de fleur d'oranger, elle m'apportait un verre d'eau sucrée et, disait-elle, je ne m'apercevais de rien. (Il ne faut pas prendre les enfants pour des idiots, ils sont juste indulgents.) (p. 144) »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42374
« « Trouve-toi une passion et tu es sauvée », me disait maman quand j'étais adolescente. (p. 93) »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42375
« - Papa, demanda Lazare avant que Sauveur éteigne la lumière, est-ce que c'est grave si j'ai que UN ami ? - UN ami ? Mais c'est beaucoup, ça ! »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42376
« - Ça se passe toujours mal, les histoires d'amour ? s'informa Blandine en quittant Sauveur. Ou c'est juste ma famille ? La question de Blandine tarabustait encore Sauveur en fin de journée. (p. 219) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42377
« - Arrête, Paul, le rembarra sa soeur. Tu n'auras plus de larmes pour l'enterrement. Alice avait cru qu'elle pouvait se permettre une pointe d'humour noir. Sauf que, cette fois-ci, Louise [sa mère] ne le supporta pas, et la claque partit, la première qu'Alice ait reçue. Paul courut se réfugier auprès de ses hamsters, Alice alla s'enfermer dans sa chambre, la joue brûlante et le coeur en feu. Louise resta seule dans la cuisine, persuadée qu'au fond le monstre, c'était elle. Or, dans sa chambre, noyant ses larmes dans son oreiller, Alice en pensait autant. Elle se faisait horreur. Pourquoi avait-elle voulu blaguer alors que le pauvre vieux était en train de mourir ? Sa mère allait croire qu'elle était une psychopathe ! Mais ce n'était pas ça, pas ça du tout. En fait, elle ne savait pas pourquoi elle avait réagi de cette façon - 'odieuse' avait dit sa mère. (p. 147-148) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42378
« - On a un peu discuté. Il a demandé à être mon ami. Sur Facebook, je veux dire. Le garçon était devenu le 32e ami d'Ella. Puis il lui avait demandé si elle voulait sortir avec lui en MP. - Sortir en MP ? - Mais non ! Il m'a demandé en MP si je voulais sortir avec lui. MP, c'est la messagerie privée de Facebook. Elle articulait comme si elle avait affaire à un sourd ou un idiot. Un adulte. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 2)


#42379
« « – Allons, jeune fille... Comment t'appelles-tu ? Chloé. Chloé. Du courage, Chloé ! Au théâtre on est d'abord un corps, un corps en pleine lumière que dix, vingt, cent, mille personnes regardent et détaillent. Un corps avec des jambes, pose bien tes pieds au sol, voilà. Lâche tes mains, ne cache rien. Tu as un corps avec des seins, tu es un corps de jeune fille. Maintenant, respire, respire... Chloé était devenue écarlate. Jeanson s'écarta d'elle, après une petite tape sur l'épaule. Le premier langage est celui du corps. Les mots, ça vient après... » »
Marie-Aude Murail (3000 façons de dire je t'aime)


#42380
« - Vous voulez travailler, c'est ça ? - Oui, monsieur. - A quatorze ans ? - Oui, monsieur. Le principal essayait de garder un air imposant. Il était conquis. En quelques secondes, il avait compris que Louis appartenait à la race de ceux qui s'embarquaient à quinze ans sur des baleiniers. »
Marie-Aude Murail (Maïté coiffure)


#42381
« Simple qui était tout tassé dans l'angle du mur, bondit sur sa peluche et la serra contre lui. Kléber put aller se coucher avec l'image même du bonheur gravée au fond du coeur. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42382
« - Vous ne croyez pas que vous feriez mieux de vous chercher du travail ? lui suggéra Aimée [...]. - Le problème, quand on cherche, c’est qu’on risque de trouver, remarqua Barthélémy. - Vous ne voulez vraiment rien faire dans la vie ? s’inquiéta la voisine. - Pas vraiment rien, concéda Bart. Juste pas grand-chose. Testeur de jeux vidéo, par exemple. Il réfléchit et ajouta prudemment : - À mi-temps. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42383
« Quand les gens disent une grosse bêtise, il faut leur répondre par une ENORME bêtise. Peut-être que comme ça, ils comprendront qu'ils sont bêtes ? »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42384
« L'homme sans imagination n'est humain qu'à moitié. »
Marie-Aude Murail (Ma vie a changé)


#42385
« J'ai dévalé les marches. Au 2e étage, j'ai percuté notre vieille voisine, mademoiselle Sainfoin. Plus vieille qu'elle, tu meurs. Elle a un manteau en poil de chameau et un turban beige sur les cheveux dans le genre grand Mamamouchi. [...] - Mon livre ! s'est-elle écriée. - Il est là, dis-je en descendant deux marches pour le ramasser. J'ai fait semblant de l'épousseter, et c'est là que j'ai repéré l'étiquette sur la reliure : 319 CAR. - Tiens? C'est de la bibliothèque, remarquai-je. C'était un bouquin crème et rose bonbon, sexy comme le rayon lingerie chez Damart. 'Noces d'orage', promettait le titre. - Je vais le changer. [...] - Il était bien ? ai-je demandé. - Ouiii, a-t-elle hésité, j'avais mieux aimé 'Les amoureux de Venise'. Celui-ci était... Il y avait moins d'amour et plus de... de... J'ai voulu l'aider : - Plus de sexe ? Ma voisine a rougi jusqu'au turban. - Oh non. Je voulais dire plus d'historique. Ca se passe sous Louis XIV. »
Marie-Aude Murail (Sans sucre, merci)


#42386
« [Elle] a des parents communistes qui lui interdisent de lire 'Arsène Lupin' parce que c'est un voleur. Chez elle, on pousse si loin la passion égalitaire que, le matin, ses deux soeurs plongent le doigt dans leur bol de chocolat, pour vérifier qu'il arrive au même niveau. (p. 286) »
Marie-Aude Murail (En nous beaucoup d'hommes respirent)


#42387
« Je me croyais très fort parce que je venais de terminer mes études de psychologie, parce que j'étais amoureux, parce que je m'appelle Sauveur! J'ai cru que j'allais la sauver. - Et tu n'as pas réussi ? Dit Lazare, la voix compatissante ? - Non parce qu'on ne sauve as les gens d'eux mêmes, Lazare. On peut les aimer, les accompagner, les encourager, les soutenir. Mais chacun se sauve soi-même, s'il le veut, s'il le peut. Tu peux aider les autres Lazare. Mais tu n'es pas tout-puissant. JE n'étais pas tout-puissant.C'était ce qu'il avait appris à l'aube de sa vie professionnelle, et de façon la plus cruelle. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42388
« - C'est le plus beau jour de ma vie, déclara-t-il quand Kléber lui eut retrouvé le deuxième ski Playmobil sous un meuble. Si, à ce moment-là, on avait proposé à Kléber d'échanger son frère contre quelqu'un de normal, il aurait refusé. »
Marie-Aude Murail (Simple)


#42389
« - Elodie a peut-être besoin que la situation se stabilise, plaida Saint-Yves. - Moi aussi, bougonna Lucile. On n'est pas obligé d'inventer un truc nouveau toutes les semaines [dans cette famille]. Par moments, j'ai l'impression de jouer dans une série télévisée ! Je dois être ringarde, mais moi, je trouve que tout ça, les bébés-éprouvette, les banques de sperme et le reste, ce n'est pas normal. Je veux dire... Ce n'est pas dans la nature. - Non, mais l'homme est un animal dénaturé. On ne voit pas beaucoup de vaches au volant d'une voiture, plaisanta Sauveur. (p. 262-263) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42390
« S'il vous plaît, faites-moi un certificat, dit-elle en l'implorant des yeux. Juste une phrase, style : "Margaux n'est pas folle" ou alors : "Elle est folle, mais elle se soigne." »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42391
« Juliette Capulet avait quatorze ans et il me semblait que, si on lui avait offert à son anniversaire "Le Livre des Nouvelles Merveilles", elle eût mieux employé son temps. Elle aurait pu apprendre comme moi-même que les sporophytes sont des plantes asexuées d'un commerce plus reposant que les Montaigu. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42392
« Sauveur acceptait dans sa vie des choses jugées impensables dans une thérapie familiale, par exemple qu'un beau-père se fasse appeler papa. (p. 20) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, Saison 6)


#42393
« - À la Martinique, on dirait de mon fils que c'est un lapo sové. (*) Louise esquissa une mimique interrogative. - Il a sauvé sa peau... parce qu'il est plus clair que moi. On nous a si bien appris que le Blanc nous est supérieur, qu'on est devenus racistes entre nous. Le noir-noir, celui qu'on appelle chez moi le nèg bleu, se trouve tout en bas de l'échelle de l'humanité. Chaque goutte de sang blanc nous permet de nous élever. - Les gens comme vous n'y croient pas ? - Non, bien sûr... Mais mon histoire est compliquée. (* en italique dans le texte) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42394
« Mais le Bien ? Avez-vous songé au Bien, Miss Tiddler ? Avez-vous pensé que votre... lapin se gavait de carottes dans le potager voisin, ce qui, en plus du péché de gourmandise, constitue une atteinte à la propriété privée ? »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42395
« KENNETH ASHLEY Dans la mesure où nous nous connaissons depuis une douzaine d'années, pourriez-vous envisager, dans un mouvement de fol abandon, la possibilité de m'appeler par mon prénom? MOI Je ne connais pas ce genre de mouvement, Mr Ashley. »
Marie-Aude Murail (Miss Charity)


#42396
« - Je n'aime pas quand on se tait, dit-elle nerveusement. - "Le silence fait mûrir le fruit, la parole le fait tomber." Proverbe africain. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 4)


#42397
« – Maman, maman, dit Paul en tirant sa mère par la manche. – Une seconde, tu vois bien que je parle, le gronda Louise, qui redécouvrait le plaisir d'attirer l'attention d'un monsieur, fût-il un papa accompagnateur, un peu chauve et bedonnant. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42398
« [ 2054 ] Madame Arobase, la mère de C@ro, était à son télétravail, le casque sur les oreilles, le micro devant la bouche. Elle nous a dit sans nous regarder qu'elle ne pouvait pas se décoller de l'écran avant l'heure du dîner. - Allez vous acheter quelque chose à la boulangerie, a-t-elle ajouté, mais pas de calorichonneries ! C@ro, n'oublie pas de prendre mon phone-up pour payer. Une fois dans la rue, j'ai dit à ma copine que je l'enviais d'avoir une maman qui travaille à la maison. - Ah non, ce n'est pas drôle, m'a répondu C@ro, elle ne se met jamais en mode pause. Ce n'est pas une mère que j'ai, c'est un robot. (p. 22-23) »
Marie-Aude Murail (Zapland)


#42399
« - Quand je suis revenu, l'appartement était vide. Line Cahen avait disparu. Avec le mobilier. Et avec mon fils. - Vous l'avez recherché ? - Le mobilier ? Non, j'en ai racheté. »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 3)


#42400
« - Je dois absolument checker ce mail, j'en ai pour une... - J'ai lu récemment, l'interrompit Sauveur d'une voix forte, que, en moyenne, les détenteurs d'une boîte mail vérifient son contenu 37 fois par heure, soit toutes les 90 secondes. - Non ? s'esclaffa madame Foucard. Remarquez, c'est bien possible quand je suis au bureau. '37 fois par heure', vous dites ? Elle se mit à taper un SMS. - Qu'est ce que vous faites ? - Je forwarde l'info au papa de Maïlys, ça va l'éclater. Lionel est encore plus addict que moi... 'Toutes les 90...' Vous pouvez continuer de parler, j'ai l'habitude de gérer plusieurs choses à la fois. - Je ne suis pas une chose. Elle décolla son regard de l'écran. - Hein ? Non, bien sûr. Bing. C'était la réponse du papa de Maïlys. Madame Foucard eut un sourire de triomphe. - Il va tweeter l'info ! - Madame Foucard, vous êtes venue me parler de votre fille ou de votre addiction aux nouvelles technologies ? (p. 37-38) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, saison 3)


#42401
« Ce fut suffisant pour que Margaux prît feu. Sa mère était dépressive, déprimante, angoissée, chiante. – Je ne peux pas faire un pas dehors sans qu’elle me ique. Si je vais voir une copine, je dois lui envoyer un SMS avec un A pour dire que je suis A... rrivée. Et quand je quitte ma copine, je fais un P. – Tu fais un pet ? répéta Sauveur, un peu largué. – Un P pour dire que je suis P... artie! – Ça prouve juste une chose, que ta mère veut te savoir en sécurité. Je comprends que ce soit embêtant pour toi, mais elle pense bien faire. – Vous n’avez rien d’autre à me sortir ? Parce que ce n’est pas la peine d’avoir fait des études de psychologie... »
Marie-Aude Murail (Sauveur & fils, saison 1)


#42402
« L'effroi, la stupéfaction, l'amusement passaient sur le visage d'Aimée comme courent sur le sol les ombres des nuages. »
Marie-Aude Murail (Oh, boy !)


#42403
« " La fréquentation précoce des livres offre à l'enfant des modèles et des références [...] qui l'aident à comprendre le monde et à en surmonter les difficultés... Et puis, à force de fréquenter les fées, les ogres, les fantômes et les animaux qui parlent, il apprend à faire la différence entre le réel et l'imaginaire. Plus on est tôt imprégné de culture populaire et enfantine, plus on a d'épaisseur d'imaginaire, moins on sera perméable aux faux enchantements, que ce soient ceux des politiciens fascisants ou des gourous sectaires. Avoir la tête dans les étoiles à trois ans, c'est avoir les pieds sur terre à vingt ans. " »
Marie-Aude Murail


#42404
« - C'est pas toi qui écris des belles phrases sur l'amitié dans ton cahier ? - Oui, et j'en ai trouvé une autre : " L'amitié, ce n'est pas de se faire exploiter" - Tout le monde croit que tu es gentil, fit Paul, amer. En fait, c'est tout le contraire. - Jovo, il dit que "bon", ça ne s'écrit pas avec un "c", rétorqua Lazare, blessé mais inflexible. ( p 138) »
Marie-Aude Murail (Sauveur & Fils, Saison 6)


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Le contenu de cette page a été mis à jour pour la dernière fois le samedi 12 juin 2021.
Il était alors 15:50:07 (Heure de Paris, France, planète Terre - Univers Connu).
mandarin : 你的预感 | français : Mon Ange | anglais : My angel | mandarin : 拉兰德 | espagnol : Una corazonada de ti | allemand : Neuigkeiten hinter der Scheibe. | anglais : To the wrath of the righteous | français : Une intuition de toi | français : Qui est Seth Messenger ? | mandarin : 正义的愤怒 | anglais : You would like to read more? | français : Mon nom est Pierre | français : Patience | anglais : A hunch of you | anglais : The Wait | allemand : Wer ist Seth Messenger? | allemand : Mein Engel | anglais : New beginning | allemand : Die Lande | espagnol : Mi nombre es Peter | allemand : Auf die Wut des Gerechten | espagnol : La Lande | français : Aux colères du juste | espagnol : ¿Quién es Seth Messenger? | anglais : My name is Pierre | mandarin : 来自玻璃后面的消息 | espagnol : Va a pasar cerca de ti. | français : Ca arrivera près de chez vous | espagnol : Nuevo comienzo | allemand : Neuer Anfang | anglais : Who is Seth Messenger? | mandarin : 耐心 | anglais : The Moor | allemand : Geduld | espagnol : Paciencia | anglais : It's going to happen near you | mandarin : 我的天使 | français : La Lande | espagnol : A la ira de los justos | mandarin : 我叫彼得 | espagnol : Noticias desde detrás del cristal | anglais : News from behind the glass | mandarin : 你想多读些吗? | allemand : Mein Name ist Pierre. | allemand : Möchten Sie mehr lesen? | français : Nouveau départ | espagnol : Mi ángel | français : Vous aimeriez en lire d'avantage ? | allemand : Es wird in Ihrer Nähe passieren. | mandarin : 赛斯信使是谁? | français : Des nouvelles de derrière la vitre | espagnol : ¿Le gustaría leer más? | allemand : Eine Ahnung von dir | mandarin : 它会发生在你附近。 | mandarin : 新开始 |
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